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18.6.2012
Le logement, question de territoire plutôt que de forme

Débat, lundi 18 juin 2012 à 19h

Le logement, question de territoire plutôt que de forme

Organisé par l'Ordre des architectes d'Île-de-France le 18 juin 2012, le débat « Les nouvelles formes d'habitat, quel projet de société ? », a utilement dépassé les questions formelles que suggérait son titre pour relier ce sujet aux conditions sociales et territoriales du logement en France.
Existe-t-il d'ailleurs de nouvelles formes de logement ? «L'atypique a toujours existé, et il se vend bien» a commencé Jean-Pierre Pranlas-Descours, tandis que Pascal Chombart de Lauwe précisait : « Il n'y a pas de nouvelles formes d'habitat à inventer, mais de nouvelles procédures à mettre en place, génératrices d'une autre façon d'implanter et de concevoir le logement ». Pour Catherine Jacquot,  élue du conseil national de l'Ordre, il y aurait précisément là une réponse à la crise du logement : « en temps de crise, on est tenté d'opposer le quantitatif au qualitatif ; il est probable au contraire qu'une réflexion sur la qualité permettra de construire plus, dès lors qu'on parle de qualité territoriale ». « Le logement est une question territoriale et non de forme » reprenait Jean-Pierre Pranlas-Descours, avant que la densité suscite plusieurs échanges : dans quelle mesure le monde politique a-t-il pris conscience de cet impératif ? Le tour que prend le débat ensuite semble représentatif de la volonté actuelle des architectes d'agir collectivement auprès des décideurs :
« La situation du logement et sa répartition sur le territoire a été conditionnée de toutes pièces par les Pos et les Plu, précise Cristina Conrad, ancienne présidente de l'Ordre d'Île-de-France. L'évolution des formes d'habitat dépend de l'évolution des règles urbaines. » Et de rappeler en outre qu'en Autriche, les avantages fiscaux et prêts aux particuliers pour la construction d'une maison sont assujettis à la proximité des transports publics et aux regroupements pluri-familiaux. « Il faut une volonté politique pour que le territoire évolue, les architectes doivent collectivement la susciter », insiste Cristina Conrad.
Benoit Le Foll, architecte et ingénieur, s'intéresse de près à cet objectif à travers sa stratégie urbaine Bimby (Build in my backyard) qui valorise le potentiel de densification des espaces pavillonnaires. « Il faut considérer les lotissements comme des ‘protovilles’, explique-t-il, et non comme des ‘non villes’. Selon un sondage Ifop, 43% des occupants d'une maison individuelle aimeraient diviser leur terrain pour construire une maison neuve (pour leurs enfants, pour revendre leur pavillon, pour louer, etc.). Associer cette micro auto-promotion à une approche urbaine appropriée permettrait la mutation de ces territoires par une densification douce. S'agissant de tissus complexes, il devient vite évident, explique-t-il, que l'architecte est potentiellement le créateur de la valeur foncière, car il sait optimiser les découpages, éviter les vis-à-vis, concevoir sur mesure. Arrêtons de créer des parcelles pour promoteurs alors qu'il faut travailler dans la dentelle. Les lotissements existants doivent être considérés comme une opportunité extraordinaire de réconcilier intérêt particulier et intérêt général. Si seulement 2% de la population pouvait profiter de la méthode Bimby, nous pourrions couvrir la demande annuelle de nouveaux logements, sans création de routes ni réseaux supplémentaires. »
A ce regard innovant sur les ‘lieux’ du logement de demain, d'autres intervenants ajoutent le besoin de s'émanciper des visions trop normalisées de la demande (Pascal Chombart de Lauwe), ou encore de faire se développer en France, enfin, l'’immeuble équipé’ que réclame l'évolution de la société (Monique Eleb, sociologue). Ce dernier point renvoie de nouveau à des choix politiques, estime Thierry Barbier, directeur de Bouwfonds Marignan Immobilier, car la charge foncière devrait être minorée pour les surfaces allouées à ces fonctions.
« Nous avons besoin d'un vrai renouveau dans la manière de concevoir l'habitat et la ville », avait prévenu Guilhem Roustan en introduisant pour l'Ordre d'Île-de-France ce cinquième débat sur le logement.

Pascale Joffroy

Animation du débat : Emmanuel Caille, rédacteur en chef de la revue d'a

Ce débat fait partie d'une série consacrée au logement par l'Ordre des architectes d'Île-de-France, à la suite de l'exposition « Vu de l'intérieur, habiter un immeuble en Île-de-France, de 1945 à 2010 » (Maison de l’architecture, janvier-février 2011) et de la parution de son catalogue. L’exposition est présentée du 6 juillet au 31 août 2012, par la Maison de l’architecture Languedoc Roussillon, à l’Hôtel de ville de Montpellier.
Un numéro hors-série de la revue À vivre, « Vivre ensemble », réalisé en partenariat avec l'Ordre national des architectes, a été présenté en prélude au débat.

Ce débat a fait l'objet d'un article paru dans Le Moniteur

Pour toute question, n’hésitez pas à contacter Basile Valentin, Responsable Communication & Partenariats par téléphone au 01 53 26 10 64 ou par mail à Cet adresse mail est protégé contre les spambots. Vous avez d'activer le javascript pour la visualiser.

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