Actualités et agenda
Ça s’est passé à l’Ordre
13.1.2011
Etre architecte dans une région capitale

débat, jeudi 13 janvier 2011

Rapprochements européens
Après avoir bataillé en 2010 pour que l'intérêt public de la création architecturale soit inscrit dans un droit commun à tout l'Espace Européen, les élus de l'Ordre francilien ont amorcé un rapprochement avec les instances professionnelles d'autres capitales européennes pour un partage de vues sur les enjeux du métier. Un premier débat était organisé le 13 janvier 2011 sur ce sujet, pour montrer que l'Europe de l'architecture se tisse à l'échelle des régions en même temps qu'elle se fabrique dans les textes (la Directive « services »). De fait, les politiques menées par les représentations professionnelles invitées ont semblé partager des buts comparables, malgré la diversité des situations régionales et nationales. L'Italie détient à la fois le record du nombre d'architectes (145 000, le tiers de la population d'architectes de l'UE) et celui du nombre d'ordres provinciaux, une centaine, qui peinent à établir une politique commune. Les présidents de l'Ordre  de Rome et de Turin ont déploré que le niveau exigé pour obtenir la licence d'exercice (sur examen, en huit heures) soit moins élevé au sud qu'au nord du pays, ce qui entraîne des migrations opportunistes. Quelques ordres régionaux seulement atteignent la taille critique pour dispenser des cours de formation continue, dont globalement les architectes italiens perçoivent encore mal l'intérêt.

Même remarque en Espagne, où les agences ont pourtant particulièrement souffert de la crise, toutes tailles confondues. La présidente du Collège des architectes de Madrid explique consacrer beaucoup de temps à prêter main forte à l'exportation des savoirs-faire (vers l'Amérique du sud et la Chine). La formation de base des architectes espagnols, estime-t-elle, est reconnue mondialement, même si elle ne comporte pas de licence d'exercice. En Espagne, les colegios ont la mission de vérifier la conformité des projets avant l'instruction des permis de construire, ce qui leur donne une visibilité plus grande que les autres représentations professionnelles européennes. Il faut cependant entretenir cette visibilité, c'est pourquoi le collège madrilène s'apprête à doubler sa surface pour mieux « valoriser le rôle social de l'architecte ». Fort contraste de moyens, mais non d'objectifs, au Conseil de l'Ordre de Bruxelles et du Brabant Wallon. L'absence de possibilité d'extension territoriale incite les architectes à des formes de pratiques variées. « Le métier reste beau et il y a de nombreuses façons de la pratiquer », explique la présidente. La crise met à mal les conditions d'habilitation à la maîtrise d'œuvre, qui exigent d'avoir travaillé deux ans chez un « maître de stage » pour pouvoir exercer comme maître d'œuvre. La Belgique compte cinq conseils provinciaux néerlandophones et cinq conseils francophones. Les troubles politiques actuels ajoutent aux contraintes réglementaires, techniques et environnementales.

L'approfondissement n'est pas le propre des débats, mais on a vu émerger au fil des propos des problématiques dont la convergence est significative. Apparaît en première ligne, semble-t-il, l'importance de l'éthique professionnelle et la difficulté de faire reconnaitre par la profession la nécessaire protection du public. Qu'en est il dans les autres pays qui n'ont pas des représentations professionnelles comparables aux nôtres, aux Pays-Bas notamment, ou au Danemark où la profession est libre ? A suivre, on l'espère.

Pascale Joffroy

Autour de Bernard Mauplot, Président de l'Ordre des architectes d'Île-de-France, Paloma Sobrini, Présidente du collège des architectes de Madrid, Ariane Hecht, Présidente du Conseil de l'Ordre des architectes de Bruxelles Capitale et du Brabant Wallon, et Amedeo Schiattarella, Président de l’Ordre des Architectes de Rome. Débat animé par Jean Lebrun, journaliste.

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Lieu :Maison de l'architecture en Île-de-France - 148 rue du Faubourg Saint-Martin 75010 Paris

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