Actualités et agenda
Ça s’est passé à l’Ordre
13.12.2011
200 participants à l'Assemblée annuelle des architectes d'Île-de-France


"Exercice annuel

Le 13 décembre dernier, l’Ordre tenait son assemblée annuelle avec les architectes d’Île-de-France. L’occasion pour l’institution de présenter son rapport d’activité 2011 et de répondre « à chaud » aux questions des architectes de la région, venus nombreux débattre librement avec leurs élus sur l’évolution de la profession et de ses pratiques.

« Nous souhaitons que cette assemblée soit un lieu de débat et d'échange pour les architectes d'Île-de-France» a annoncé Bernard Mauplot le Président de l’Ordre, en préambule du rassemblement annuel. De quoi rassurer les 200 professionnels toujours prêts à se faire entendre, réunis à la Maison de l’architecture après avoir participé durant l’après midi à quatre ateliers de réflexion thématique (l’accès à la commande, les marchés publics, les procédures de concours, les enjeux du développement durable). Mais avant de lancer le débat, le Président commence par une rapide présentation des actions menées par l’Ordre durant l’année écoulée et visant à un unique but, celui de « donner le goût et l'envie d'architecture». La mise en place de la Commission des Marchés publics, la sensibilisation du grand public (opération les architectes dans les classes, la Foire de Paris…), le soutient des actions de formation continue du Pôle EVA et l'accompagnement des jeunes architectes, auront été quelques unes des plus importantes. Rappelant ensuite que les chiffres sans appel publiés récemment par l'Observatoire de la profession révèlent que « la crise continue de frapper la profession », Bernard Mauplot termine cette introduction en invitant les architectes à faire entendre leurs voix avec l'Ordre durant l'année électorale qui s'annonce car « l'architecture est un choix de société et nous entendons le faire savoir ».

C'est ensuite au tour des élus du Conseil de l'Ordre, animateurs des quatre ateliers thématiques organisés autour des propositions des architectes franciliens, de rapporter les réflexions et questionnements issus de l'après-midi de rencontres. C'est en soulignant qu'il faut « d'abord être un bon professionnel pour accéder à la commande » qu'Olivier Arene, présente le premier atelier sur ce sujet. Il ajoute que pour « résister à une certaine maîtrise d'ouvrage surfant sur la misère des architectes », la création d'un réseau entre professionnels pour diffuser les bons conseils semble essentielle, « car la résistance doit se faire collectivement ». Sous-entendant par la même occasion la nécessité d'une plus grande fraternité entre confrère.

Les conclusions de l'atelier « marchés publics » sont exposés par Véronique Parent a qui il semble bon de rappeler d’abord que « l'Ordre et les professionnels ne sont pas deux mondes étanches et que les architectes doivent interagir au maximum avec l'institution », une remarque qui fera mouche? Le problème de la complexité des dossiers de candidatures est alors abordé pour la première fois de la soirée, l'occasion pour l'Ordre de rappeler son travail avec les maîtres d'ouvrage sur la simplification de ces outils et d'annoncer des solutions pour le printemps prochain. La difficulté de nombre de collectivités maîtres d'ouvrage à formuler une demande ou à juger d’une candidature est également soulevée. « Les architectes devraient-ils faire plus d'assistance à la maîtrise d'ouvrage pour que tout le monde parle le même langage? » Et comment agir face à des offres anormalement basses? Sur ce sujet, les participants ont directement interpellé l'Ordre lors de l’atelier, en imaginant qu'il pourrait créer un observatoire des marchés publics ou du moins, faire plus de pédagogie. Alors, l'Ordre arbitre et pas seulement défenseur de l’intérêt public? Lors de la restitution de l'atelier « procédures de concours » par David Ventre, c'est encore la complexité des dossiers qui est pointée du doigt. Mais cette fois-ci, on se permet même d'imaginer la candidature d’architectes seuls, sans BET.

Enfin, l'atelier sur le développement durable est rapporté à deux voix par Elisabeth Mortamais et Raphaëlle Perron. Elles tirent un bilan plutôt négatif des multiples formations professionnelles proposées sur ces thématiques un peu partout. Comment faire évoluer les choses? Là aussi le réseau semble essentiel pour partager les expériences. Enfin, ce sont les procédures normatives très restrictives (comme pour le logement?) et écartant l'architecte du cœur du sujet qui sont pointées du doigt. Et la question couperet finit par tomber: quelle est la place de l'architecte face à celle de l'ingénieur dans ces projets?

Finalement les thématiques abordées lors de ces ateliers donneront la teinte des questions lancées pendant la dernière séquence du rendez-vous annuel, et c'est surtout la difficulté des architectes à accéder à la commande qui fera débat. La parole est donc maintenant à la salle. Pierre Chomette, architecte, entame la discussion en revenant sur les procédures de sélection lors des appels d'offre publics, « sélectionner la matière grise sur un chiffre d'affaire, c'est la mort de l'architecture ! ». Isabelle Latappy, secrétaire générale de l’Ordre, relance alors la question du rôle d'arbitre de l’institution. « L'Ordre a-t-il la compétence et les moyens d'être arbitre en termes de marchés publics? », lui répond simplement le Président. Selon lui, la commission des marchés publics a plutôt pour mission de favoriser les bonnes pratiques et l'Ordre n'est pas là pour se substituer aux contrôles de légalité. Il doit faire autorité, à l'image de la commission créée par l'Ordre des architectes d'Aquitaine dont le rôle est aujourd'hui reconnu par tous.

Quand à la question des candidatures sans BET, un participant affirme que « cette solution est inenvisageable, car donner un prix global d'opération sans eux est impossible! » Idée reprise plus tard pour d'autres raisons par les plus jeunes professionnels présents dans la salle qui affirment que, sans l'association avec des BET reconnus ou expérimentés, leur candidature à des appels d'offre ne serait jamais retenue. « Et puis, se présenter sans eux, est-ce que ça ne ferait pas perdre la deuxième partie d'une commande ?» demandera un autre participant. Gilbert Ramus, architecte et membre de l'UNSFA présent dans l'assemblée, préfère quand à lui couper court au débat en indiquant que les lois actuelles rendent impossible le choix d’architectes seuls par un jury, car « pour répondre aux réglementations européennes, nos lois des marchés publics se sont durcies. » Les textes imposent désormais de présenter une équipe disposant de toutes les qualifications nécessaires (développement durable, sismique...), ce qui contraint implicitement à l'association avec des BET. « Le problème est que les architectes n'ont pas participé à l'écriture de ces textes! » finit-il par s'écrier. Bernard Mauplot, ne se résigne pas face à des textes réputés intouchables et avance plutôt que c'est surtout le système qui a atteint ses limites, en faisant dépenser trop d'argent et de temps pour les candidatures aux architectes, comme aux maîtres d'ouvrage. Il rappelle d’ailleurs que l'Ordre travaille à ces questions avec ses confrères européens « confrontés aux mêmes problèmes d'honoraires et aux mêmes effets des directives européennes que nous ». Rappelant que la France est le seul pays à disposer d'une loi sur l'architecture, Bernard Mauplot indique qu'il faut « la valoriser auprès des autres architectes pour que nous défendions ensemble la même idée au parlement européen. » Et Olivier Arene de faire remarquer, un peu accusateur envers l'audience, que personne n'existe sans relais politique, mais que ces relais n'existent que si ils sont soutenus par chacun. « Il faut plus de présence de la profession dans le débat politique ! »

En fin de rencontre, une participante interpellera l'Ordre sur la question du dumping des prix des architectes. En réponse, Olivier Arene affirmera que pour s'en défendre il faut expliquer qu'un bon architecte est aujourd'hui un bon technicien dont le matériel technique lui permettant d'acquérir sa valeur ajoutée intellectuelle a un coût. Finalement la difficulté des architectes à accéder à la commande publique reviendra en clôture des débats. Une personne de la salle terminera sur une note de sagesse en disant que toutes ces réflexions ne sont pas antinomiques, Bernard Mauplot précisant «que le problème peut être traité par les deux bouts: de la simplification des démarches de candidatures à la défense européenne de l’intérêt public de l’intervention des architectes. » Voilà de quoi annoncer une année 2012 riche en actions pour l'Ordre des architectes d'Île-de-France !"

Constance Lagrèze

A cette occasion, l'Ordre a diffusé son rapport annuel d'activité.

Pour toute question, n’hésitez pas à contacter Basile Valentin, Responsable Communication & Partenariats par téléphone au 01 53 26 10 64 ou par mail à Cet adresse mail est protégé contre les spambots. Vous avez d'activer le javascript pour la visualiser.

Retour